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Bienvenue sur Magnificient, votre source française sur l'actrice britannique Keira Knightley. Vous avez pu la découvrir dans Orgueil & Préjugés, Pirates des Caraïbes ou The Imitation Game. Vous la retrouverez prochainement à l'affiche du drame Misbehaviour et de Silent Night. Bonne visite. Marine
photo coup de coeur

10 Mar 2020
Marine

Bonjour à tous,

• Hier soir avait lieu l’avant-première mondiale de Misbehaviour à Londres. Keira y était présente dans une magnifique tenue blanche signée Chanel. Gugu Mbatha-Raw, Keeley Hawes, Suki Waterhouse et Philippa Lowthorpe l’ont, entre autres, accompagnée sur le tapis rouge. N’attendez plus pour découvrir une cinquantaine d’images dans la galerie et de nombreuses vidéos.


Apparitions Publiques > 2020 > Avant-première de Misbehaviour à Londres

Un nouveau still de Misbehaviour a été aussi ajouté à la galerie.


Films > Misbehaviour > Stills

• Voici l’article de Porter Magazine consacré à Keira. Je vous rappelle que le photoshoot associé se trouve dans l’article juste en dessous. La traduction ayant été faite par mes soins, merci de me créditer si vous la prenez.

« Qu’es-tu sensée accomplir en tant que femme ? Demande Keira Knightley, levant les mains en l’air en implorant. » Rhétorique, oui, mais la question sous-entend bien plus que ça – dans un café de Londres Est, le genre où la lumière est assez tamisée pour qu’on ne puisse pas remarquer une double nominée aux Oscars dans le coin – où nous sommes assises pour discuter. Qu’il s’agisse du scénario féministe de son dernier film, l’importance de récompenser les histoires féminines ou d’élever deux filles, les femmes sont sur tous les fronts de la conversation aujourd’hui.
En grandissant dans la banlieue du Sud-Ouest de Londres avec son père acteur, sa mère dramaturge et son frère plus âgé, l’égalité était la norme pour les Knightley à la maison. « Beaucoup de fois, ma mère gagnait plus que mon père et cela n’a jamais été un problème, raconte-t-elle en haussant les épaules. Je veux dire, parfois c’est lui qui gagnait plus, parfois c’est elle qui gagnait plus. Je n’ai pas été élevée pour penser que c’était autre chose que normal. »
L’actrice de 34 ans – dont la carrière a décollée de manière stratosphérique dans son adolescence – a été choquée quand, « je suis arrivée dans un monde où il y a vraiment des articles révélant combien mon partenaire gagne et combien je gagne, parce qu’il est choquant qu’une femme puisse gagner plus. »
Knightley s’est mariée avec le musicien James Righton en 2013 et le couple a accueilli sa première fille, Edie, en 2015 puis Delilah, née en septembre dernier. Toujours en congé maternité techniquement, elle est ravie de constater l’absence de résidus de la maladie de son bébé sur son sweat aujourd’hui.
Elle semble moins choquée par l’intérêt intrusif dans les finances de sa famille que certains médias envoient. « C’est ce que nos journaux nationaux apprennent à nos filles – qu’on doit se sentir coupable de faire bien si cela met un homme mal à l’aise, ce qui n’est pas le cas ni avec mon mari, ni avec mon père. Mais pourtant notre société nous dit que ce doit être comme ça. »
Avec un sens de l’humour chaleureux et modeste, l’approche de Knightley pour parler des hauts et des bas de la maternité est dès le départ rafraîchissant. Et ça va plus loin que la maladie de son bébé sur son sweat. En 2018, elle a écrit une description viscérale de la naissance, de l’allaitement et le courage des corps féminins dans un essai personnel intitulé le Sexe Faible, pour l’anthologie Feminists Don’t Wear Pink – and Other Lies de Scarlett Curtis. Est-ce qu’elle sent qu’il est nécessaire de concurrencer la perception filtrée d’Instagram de la maternité souvent représentée dans les médias ? « Je pense qu’il est important de contrer une histoire unique, considère-t-elle. Je ne pense pas qu’on devrait présenter uniquement le parfait côté de la maternité parce que, très souvent, on pourrait avoir ce côté parfait et on devrait en être heureux. Mais le reste existe aussi. La première fois, je sentais que tout ce que je voyais devait être ce côté parfait et je me sentais terriblement seule, se rappelle-t-elle. Et après des conversations chuchotées avec d’autres mères, j’ai réalisé que c’était nos vies et nos expériences qui n’étaient pas totalement racontées. C’est là où j’ai un problème avec ça. »
La dernier film de Knightley est Misbehaviour, dans lequel elle joue une activiste féministe Sally Alexander, une membre du Mouvement de la Libération des Femmes qui a fait irruption sur la scène du concours de Miss Monde 1970. Dirigée par Philippa Lowthorpe, le drame-comédie dépeint les vrais évènements et personnages depuis les protestations autour du concours, présentant une juxtaposition d’arcs narratifs féminins et d’ères socio-politiques. Les membres du Mouvement de Libération des Femmes se sont montrées lors de cet évènement, où pour la première fois de l’histoire une femme de couleur – Jennifer Hosten de Grenade (jouée par Gugu Mbatha-Raw) – a gagné la compétition. A l’époque de l’apartheid, Pearl Jansen – qui doit être référée comme Miss Afrique du Sud aux côtés d’une autre Miss Afrique du Sud blanche dans le concours – a été une finaliste.
Cette histoire semble particulièrement pertinente aujourd’hui parce que c’est la « continuité de la conversation qui semble revenir sur le devant de la scène ces dernières années, estime Knightley. J’ai lu le script et pensé, c’est exactement ce dont nous parlons ; nous discutions de notre espace dans le monde, en essayant de le faire avec des enfants, mais le racisme était également une partie de ce débat. J’ai pensé que c’était une histoire extraordinaire qui n’essaie pas de prêcher pour un camp. Il engage la conversation. »
Les sujets soulevés dans le film aborde l’importance de l’augmentation de la représentation dans l’industrie. « Nous avons besoin d’entendre les histoires de tout le monde pour comprendre ce qui serait utile pour mieux vivre ensemble. Tout le sujet des films et de la culture est d’essayer de se mettre dans les chaussures de quelqu’un d’autre, de comprendre nos similitudes et nos différences, et si nous ne sommes pas capable de le faire dans notre milieu, alors l’évasion est bien, mais c’est seulement une petite partie des histoires, dit-elle. Les gens ont besoin de se sentir écoutés : ils ont besoin que leurs expériences soient vues et entendues. »
Alors que les structures patriarcales et les attitudes misogynes sous-tendent les tensions dans le scénario de Misbehaviour, les personnages féminins sont opposés les uns aux autres. Knightley est pensive sur les doubles standards que les femmes tiennent elles-mêmes les unes envers les autres, pensant que « peut-être nous nous jugeons parfois très durement » ce qui est quelque chose d’important à remettre en question. « Ca met mal à l’aise de le dire, particulièrement envers nous-mêmes, dit-elle. « Oh mon dieu, d’où est-ce que ça vient ? Je n’aurais jamais fait ça à un homme ». »
Elle a particulièrement été touchée par une scène dans le film montrant une crèche à la rencontre du Mouvement de Libération des Femmes remplie de pères (pas la norme encore aujourd’hui, dit-elle, où les groupes « mère et enfants » se suffisent avec quelques pères en supplément). « On n’attend pas que des hommes s’occupent de leurs enfants : c’est vu comme un bonus, dit-elle en roulant des yeux. Même dans l’espace de travail, mon mari ne demande jamais quoique ce soit sur la garde d’enfants alors qu’il me demande ; « Alors que fais-tu avec les enfants ? ».
Dans une autre scène du film, le personnage de Knightley, Sally, est horrifiée de voir l’intérêt de sa fille pour le concours de beauté à la télévision. L’influence malsaine des médias est un sujet dont Knightley a déjà parlé : sa décision de bannir certains dessins animés dans sa maison (Cendrillon et la Petite Sirène parmi eux) pour ne pas donner un exemple positif à sa première fille a fait les gros titres en 2018. « Elle les regarde tous maintenant, grogne l’actrice. » Mais il semble que l’argument de Knightley fait toujours mouche. « Quand nous avons regardé La Belle au Bois Dormant, elle a dit « Ce n’est pas bien qu’un homme l’embrasse sans sa permission ! » Je ne peux pas dire à quel point j’étais contente. Si je ne peux rien faire d’autre, j’ai au moins réussi ça ! »
A travers la carrière de presque trois décennies de Knightley (elle a signé avec son premier agent quand elle avait six ans), défier les normes du genre a été un rôle récurrent dans les rôles qui l’ont rendu célèbre – depuis sa révélation dans Joue-Là Comme Beckham à 17 ans, à l’infidélité d’Anna Karérine et à l’auteure sans tabou Colette. « Quand j’ai grandi dans les médias, la différence incroyable entre la manière dont les femmes devaient se comporter versus la manière dont les hommes pouvaient se comporter était énorme. Dans beaucoup de mes films, j’ai recherché des choses qui montraient la barrière que je voulais franchir, déclare-t-elle. »
Un rôle pour lequel elle n’a jamais signé est celui de modèle, quelque chose qu’elle a senti d’imposé au début de sa carrière. « Les gens ont des défauts, ils font des erreurs parce que nous sommes humains et c’est ce que nous sommes. Donc, j’ai toujours pensé que l’idée d’être un modèle était assez dangereuse, surtout pour les adolescents, explique-t-elle. Quand j’étais adolescente, je pense qu’on me mettait beaucoup ça sur moi et j’ai toujours senti que ça sonnait faux. »
Tandis qu’elle discute du soin continu nécessaire pour les mères ou qu’elle partage les responsabilités parentales, Knightley est bien informée et réfléchie sur son idée d’améliorer la parité dans la société. Cependant, elle ne se sent pas la mieux placée pour commenter l’état actuel de l’égalité dans l’industrie du film – en partie parce qu’elle « a été absente pendant un an, au pays des bébés ! » Elle est contente de noter que ses quelques futurs projets, en commençant par Misbehaviour de Lowthorpe, sont dirigés par des femmes. « Ce n’est pas moi qui décide de ne travailler qu’avec des femmes. C’est simplement que je me dis « Oh, c’est intéressant », dit-elle des scripts qui lui parviennent. » Le sentiment est mutuel avec Lowthorpe qui a avoué avoir « sauté de joie » quand elle a su que Knightley acceptait le rôle. « Elle est vraiment créative et une actrice instinctivement intelligente. Sur le tournage, elle venait souvent me voir avec une bonne idée ou une question judicieuse, a déclaré la directrice anglaise. »
Knightley est bien au courant des pressions que les femmes travaillant dans cette industrie subissent comparé à leurs partenaires masculins. « Nous devons donner aux femmes réalisatrices une chance d’échouer parce qu’on la donne aux hommes et ils reviennent et font des films incroyables, mais pas les réalisatrices. On s’attend à ce qu’elles soient parfaites du premier coup. »
« Nous avons besoin de femmes qui racontent leurs expériences qui ne s’arrêtent pas aux « ils furent heureux pour toujours ». Que se passe-t-il après qu’ils soient heureux pour toujours ? » Knightley n’a pas toutes les réponses mais elle n’est certainement pas timide pour poser des questions pressantes et emmené la conversation toujours plus loin.

A très bientôt !