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Bienvenue sur Magnificient, votre source française sur l'actrice britannique Keira Knightley. Vous avez pu la découvrir dans Pirates des Caraïbes, Orgueil & Préjugés, Anna Karérine ou The Imitation Game. Vous la verrez prochainement au cinéma dans le biopic Colette, dans le drame historique The Aftermath et dans la comédie romantique Berlin, I Love You. Très bonne visite sur le site, Votre Webmiss Marine // //
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6
Jan 2019
Article rédigé par Marine

Bonjour à tous,

• J’ai enfin terminé la traduction de Keira pour The Guardian. On voit très bien qu’elle a été réalisée dans la lignée des deux précédentes que je vous ai traduis mais elle est néanmoins très intéressante à lire. On en apprend également davantage sur son rôle dans Misbehaviour ! La traduction a été réalisée par mes soins, merci de me créditer si vous la prenez.

La star de Colette s’exprime sur Harvey Weinstein, les princesses Disney et pourquoi son écrit viscéral sur l’accouchement et la duchesse de Cambridge a touché une corde sensible.

Quand Keira Knightley était petite, il y a deux choses qu’elle savait qu’elle deviendrait. D’abord, une actrice. Ça a marché. Elle a eu un agent à 6 ans, était dans Star Wars à 13 ans et Pirates des Caraïbes à 17 ans, a gagné une nomination aux Oscars pour Orgueil & Préjugés à 20 ans et une autre, 10 ans plus tard, pour The Imitation Game. Puis, un homme. C’est toujours en cours.
« Je me souviens très bien de ce sentiment », dit-elle, maintenant 33 ans, recroquevillée sur un canapé d’un hôtel de Londres. Une grosse robe bleue est sous elle et forme comme un nid. « Ces filles grandissaient en tant qu’hommes, et c’est ce que j’allais faire ». Logique enfantine, admet-elle : Dieu seul sait ce que les garçons deviennent. « Peut-être que c’était les filles qui étaient les plus fortes sur les terrains de jeux. Elles commandaient et, évidemment, les garçons prenaient ensuite les commandes à l’extérieur. Donc clairement c’est ce que j’allais faire. Bien sur, ça ne s’est pas passé comme ça. »
Knightley plisse les yeux, un écureuil faisant un photobombe sur une top model. Pourtant, elle est une vraie tomboy : pas de jupes, menant une révolte à l’école pour que les filles soient autorisées à jouer au football. A 11 ans, elle était « obsédée avec le Parrain. Je voulais être Al Pacino et ainsi était ma route. Les meilleures parties étaient celles des hommes. On ne veut pas être une jolie fille dans le coin ou la mère aimante et encourageante. Bien sur, quand on grandit on le devient, mais on veut toujours vivre des aventures. »
La carrière entière de Knightley, depuis sa percée fracassante dans Joue-Là Comme Beckham jusqu’au travestissement et à l’amour sans genre de Colette dans son nouveau film, a été une tentative de vivre des aventures qu’elle-même auraient respecté enfant. Si ce n’est pas pour explorer ce qu’est être un homme, c’est certainement « le côté masculin d’une femme, coincé dans les robes et le maquillage. Presque tous les personnages que j’ai joués ont essayé de briser cette image de la féminité. C’est pourquoi j’aime les films historiques, parce que c’est une cage manifeste dans laquelle les femmes sont mises. C’est toujours quelque chose à laquelle je me suis vraiment identifiée. Je me sens comme si je m’asseyais quelque part ailleurs. »
Je semble perplexe. « Je n’ai jamais voulu un pénis, clarifie-t-elle. A part pour pisser après un arbre. Pouvoir faire ça debout, tellement pratique. On peut juste la sortir et qu’importe. Mais l’idée de quelque chose si vulnérable pendant entre mes jambes, je pense que je suis très bien sans. »
Généralement, ça peut être délicat d’encourager les stars à parler de parties génitales. Avec Knightley, c’est comme tourner un robinet. Je ne pense pas que j’ai rencontré quelqu’un d’aussi simultanément connue et volubile (elle jure également beaucoup). Ou alors c’est quelque chose que seuls ceux qui sont connus depuis plus de la moitié de leur vie peut gérer.
Quelques jours après notre rencontre, Knightley apparaît au Ellen DeGenere’s Show pour promouvoir Casse-Noisette et les Quatre Royaumes et déclare qu’elle a interdit à sa jeune fille, Edie (qu’elle a eu avec James Righton, le chanteur du groupe new-rave Klaxons), de regarder des classiques de Disney comme Cendrillon et la Petite Sirène à cause de leur message féministe louche. Twitter est entré en mode surchauffage. Les pensées ont été placardées comme du ruban adhésif. Disney n’a pas été enchanté – qui a aussi fait Casse-Noisette qui n’a pas très bien marché depuis. Mais quand on lui repose la question deux semaines plus tard, au lieu de calmer le jeu, elle rentre dedans de plein fouet : redoublant ses arguments avec une connaissance des princesses Disney digne d’un niveau doctoral.
Pourtant, elle a déclaré en décembre, quand nous nous sommes reparlés au téléphone, qu’avoir des opinions sur un combat ne veut pas dire qu’on veut prendre des coups. « Je pensais que j’avais été juste guillerette sur cette interview. Mon Dieu, les gens y ont été vraiment forts. Ne merdez pas avec Cendrillon. Ses fans vont vous finir. »
Bref, revenons à Colette. C’est le dernier film de Wash Westmoreland, qui a réalisé Still Alice avec son mari, Richard Glatzer, alors que celui-ci ne meurt de la SLA (aussi connu comme une maladie neurologique ou maladie de Charcot) quelques jours après que Julianne Moore ne gagne un Oscar en tant que Meilleure Actrice. Ils ont co-écrit celui-ci, également, et c’est clairement le travail d’un couple : intime, acéré et drôle. L’intrigue évolue autour de Colette et de son mari Willy (Dominic West), entrepreneur littéraire, qui a fait passer ses romans comme les siens, jusqu’à ce que Colette ne commence à avoir du ressentiment pour la fiction et pour la jalousie hypocrite de Willy sur ses aventures avec l’héritière de Louisiane (Eleanor Tomlinson de Poldark) et une aristocrate au genre libéré (Denise Gough) qui n’enlevait jamais son costume. En gros, les hommes s’en sortent mal. Mais Willy est, comme Colette, finement dessiné, charmant dans tout son ridicule. Dans une scène, il regagne sa femme en expliquant que les hommes sont le sexe faible, esclaves de leur biologie, c’est-à-dire de leur sexualité infinie.
« Le Sexe Faible » est aussi le titre de l’essai que Knightley a écrit pour une collection appelée Feminists Don’t Wear Pink and Other Lies, publiée en octobre. A l’époque, ça a causé un scandale car certains l’ont perçu comme une attaque envers la duchesse de Cambridge pour être apparue glamour après la naissance de sa fille. A-t-elle été surprise ? « Tout le chapitre était consacré à faire taire l’expérience des femmes. Donc c’est intéressant que ce soit exactement ça qui se soit passé de la part de certains médias. Ils ont retourné un moment d’empathie d’un corps envers un autre pour dire : elle la critique. »
Pourtant, les femmes semblent aussi méchantes que les hommes. « Oui, c’est intéressant. Misogynie intériorisée ? Je ne le critique pas. On y répond tous et on survit dans sa culture autant qu’on peut. Mais je pense qu’on a besoin de se regarder en face. »
En effet. La partie de la duchesse a complètement effacé le passage le plus doux du brûlant manifeste qui commence avec le vagin déchiré de Knightley, l’apport rapide de sang, de saletés, les mamelons craquelés et les coussinets d’incontinence et qui se termine par une attaque cinglante envers ses collègues masculins : « Ils me disent ce que c’est d’être une femme. Sois gentille, sois encourageante, sois jolie mais pas trop jolie, sois mince mais pas trop mince, sois sexy mais pas trop sexy, réussis mais pas trop… Mais je ne veux pas flirter avec eux ou les materner, flirter et materner, flirter et materner. Je ne veux pas flirter avec toi parce que je ne veux pas coucher avec toi et je ne veux pas te materner car je ne suis pas ta mère. Je veux juste travailler, mon gars. Est-ce d’accord ? Parler et être entendue, discuter avec moi et écouter. Ego masculin. Arrête de te mettre sur le chemin. »
L’essai, déclare Knightley, était « juste une sorte de vomi », soudain dans un moment « de tout foutre en l’air », publié « parce que nous devons saisir ce moment et utiliser nos voix pour continuer cette conversation. Parce que nous sommes accablés par un système construit sur l’inégalité, dit-elle, le progrès va être lent, douloureux et inconfortable. Mais je être sûre que je n’élève pas ma fille dans la peur de l’autre moitié de l’humanité. Tout comme il est important d’élever des garçons en montrant toute l’expérience féminine et non seulement un aspect de la féminité. Sinon, comment la respecter ? »
Le coeur du problème, croit-elle, est que les voix d’une génération de femmes ont été perdues au profil de la garde d’enfants. Cela signifie – pour en revenir au vagabond Willy – que « nous compatissons énormément avec les hommes parce que, culturellement, leur expérience est si approfondie. Nous connaissons tant d’aspects de la sexualité masculine. Mais on ne voit pas un homme dire « Oui, je comprends ce dont vous parlez parce que, de votre point de vue, j’ai une richesse d’art, de films, de théâtre et de série. »
Donc si les femmes ne sont pas séductrices ou maternelles, pense-t-elle, certains hommes sont déconcertés. « Avant la maternité, on est sexy, mais si on parle du sujet du vagin saignant alors c’est terrifiant : il n’y a pas de sexe là-dedans, donc nous revenons à une image de mère-vierge qui est sage et sain. Le problème avec ces deux visions est que je pense que peu de femmes s’identifient avec elles en vérité. Les femmes jouent le flirt ou la mère pour que leurs voix se fassent entendre. Je ne peux pas. Ca me rend malade. »
Sur un tournage, elle a été éclairée par un réalisateur – pas Westmoreland – de ce qu’elle était vraiment : pas passive/agressive mais ouvertement agressive. Ses yeux roulent en se souvenant du choc. « J’ai pensé que c’était extraordinaire. Je n’avais pas élevé la voix, je n’avais pas juré, j’étais simplement en désaccord sur un point. Et c’était quelqu’un que j’appréciais. »
En regardant sur les interviews précédentes de Knightley et ce qui en sort – plus, même, que son habitude d’irriter les gens par de forts crimes comme ses looks et sa gentillesse – c’est son sang-froid. Elle semble toujours posée, quelqu’un de conviction et de confiance, sinon d’arrogance. Les cafouillages ont été discrets, elle les a gardés cachés.
Non sans effort, cela a tourné. Plus tôt cette année, elle a confié au Hollywood Reporter qu’elle a eu un burn-out à 22 ans, après 5 ans d’exposition sans fin. Elle n’a pas quitté sa maison pendant 3 mois. Une thérapeute lui a dit qu’elle était sa première cliente qui n’était pas paranoïaque quand elle s’inquiétait que les gens la suivent. Elle a eu besoin d’hypnothérapie pour se sentir capable d’aller sur le tapis rouge des BAFTA pour Atonement en 2007.
Elle est restée concentrée : une année sabbatique, puis des films plus petits et plus étranges avec des héroïnes plus complexes – The Edge of Love, Never Let Me Go, A Dangerous Method. Elle a augmenté sa robustesse de ses engagements avec la presse, poursuivi le Daily Mail après qu’ils l’aient impliquée dans la mort d’une jeune fille pour anorexie. Aujourd’hui, elle reconnaît que cette crise a été profitable pour gérer les premiers mois de maternité : « Votre corps a créé la vie et change pour pouvoir la nourrir. C’est monumental et on s’attend tous à dire : « Oh non, tout va bien, je suis groovy, je n’ai pas dormi, je vais bien. »Si je suis capable de me pardonner pour ne pas être brillante (en tant que parent) chaque putain de jour, c’est probablement à cause de ce burn-out. »
Et c’est une autre raison pour laquelle marginaliser les femmes une fois qu’elle ont eu des enfants est dangereux, dit-elle, si elle ne répète pas son opinion, elle ne fait que l’étendre (sans jamais s’en éloigner non plus). Ce type d’expérience est aseptisé et ces luttes deviennent encore pires. Elle a récemment lu que 50% des femmes avaient des difficultés mentales. « Avec les enfants, c’est une femme sur 10 et ça s’appelle une crise. Donc une sur deux ? C’est une putain de catastrophe. »
« Nous devons en parler pour que nous sachions que nous n’avons pas échoué. C’est vraiment difficile pour moi, qui a une famille d’un soutien incroyable et l’argent nécessaire pour payer une bonne garde d’enfants. Comment, en tant que société, ne soutenons-nous pas les mères célibataires à 100% ? On devrait littéralement les envelopper dans du coton et leur faire un câlin. Leur dire que nous allons les aider autant que possible. Cela ne semble pas fou. »
L’autre raison pour laquelle Knightley donne son opinion est qu’il ne lui ai jamais à l’esprit de ne pas le faire. L’impression est qu’elle détient un haut privilège. Mais son éducation a été normale ; ses parents : la scénariste Sharman Macdonald et l’acteur Will Knightley – le sont mais sont aussi relativement de la gauche radicale. Pas tout à fait des hippies, dit Knightley, mais aussi proche que Teddington l’est, dans le Sud-ouest de Londres. Elle déclare n’avoir pas réalisé la chance qu’elle avait d’être élevée par un père qui adorait le fait que sa femme gagne plus que lui.
Dans le film qu’elle tourne actuellement, Misbehaviour, elle joue Sally Alexander, une féministe parmi d’autres qui a envahi la scène de Miss Monde 1970 avec des crosses de football et des bombes de farine. Voir une séquence de la vraie Alexander aujourd’hui et vous verrez une Knightley plus âgée. Ce sont ses gens : artistes mais déterminés, polis mais francs.
Et ça, peut-être, est la raison pour laquelle les déclarations de Knightley ne restent pas bloqués en travers de la gorge – pour moi en tout cas. Tant de rhétorique politique est récitée par des stars de cinéma qui prennent le train en marche : des morales récitées, apprises par coeur sans trop de considération.
Knightley chante d’un hymne plus sophistiqué. Prenons Miss Monde. Malheureusement, elle n’est pas une fan : « je n’avais jamais regardé une compétition de beauté auparavant mais on se dit, wow ça se passe vraiment ! La façon dont elles tournent leurs fesses pour faire un panoramique de haut en bas vers la caméra. Toute la société qui dit « Oh non, ça va ». »
Mais tandis que les actions d’Alexander et compagnie étaient « incroyablement courageuses », elle n’est pas sûre qu’elle aurait fait la même chose, parce que les participants se sont sentis attaqués. « C’était injuste. Et être allée sur scène, si quelque chose devait se passer ainsi aujourd’hui, serait absolument terrifiant. »
Elle est même mesurée quand je la questionne sur Harvey Weinstein, donnant « du crédit là où il y a du crédit : il était vraiment bon pour donner un public au cinéma indépendant. » Ils ont eu plus de contacts au moment de The Imitation Game, quand elle n’avait plus besoin de patron et enceinte – deux raisons pour lesquelles il n’a pas essayé, selon elle. « Et peut-être que je ne lui plaisais pas, tout simplement. »
Elle jure son innocence sur les accusations d’agressions. « J’étais au courant qu’il était un coureur de jupons, parce que ça se voyait. Mais je pensais que c’était consentant et je n’avais jamais entendu qu’il avait violé quelqu’un. Tout le monde savait qu’il harcelait car il criait et hurlait. Mais ce n’était pas évident ce qu’il faisait avec son peignoir, un massage et un pot de fleurs. Un pot de fleurs ! »
C’est rare de discuter de Weinstein avec quelqu’un qui a les yeux clairs et pas de parti pris. N’a-t-elle pas peur que ce débat déclenché par son comportement supposé ne soit misandriste ? « Absolument.Il y a un moyen où les femmes doivent se dresser, hurler et faire autant de bruit que possible pour dire « Hey, ce système ne marche pas pour la moitié d’entre nous. » Mais ça rend le discours des hommes très difficile et je pense qu’il y a peut-être des choses que nous ne voulons pas entendre. »
Tel que ? « Sur leur sexualité, comment ils nous voient, ce qu’ils veulent exactement. C’est vraiment une discussion délicate mais je ne sais pas comment nous pouvons poursuivre sans inclure les hommes. Et on peut les haïr en essayant de le faire. » Une pause et une autre grimace : le scepticisme apparaît. « Aussi, ils sont sympas. J’en connais de vraiment adorables. »

• Keira a participé à une interview radio avec Edith Bowman pour la BBC que vous pouvez retrouver en cliquant ici.
Keira rappelle que même si leur mariage n’a pas marché, il faut se souvenir que c’est Willy qui a édité ses livres le premier, qui l’a encouragée à écrire et qui l’a fait accéder à une société parisienne à laquelle elle n’aurait pu accéder seule. Elle dit qu’elle a adoré Lady Bird pour la mise en scène de la relation mère/fille qu’elle trouve universelle. Elle rappelle d’ailleurs que la mère de Colette, Sidonie, était d’une grande intelligence. De manière générale, Keira parle des mêmes sujets que les interviews écrites que je vous ai traduites, notamment la vie de Colette, sa maternité, la représentation des femmes dans le monde du cinéma, sa vision du féminisme et ses projets.

Dickie Beau, un des partenaires de Keira sur Colette, a twitté deux images de Keira et lui, entre deux prises. L’une d’elle est sur la scène de danse égyptienne et l’autre lors d’une fête donnée en l’honneur de Willy. Les clichés sont dans la galerie.


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• Enfin, Paris Match a consacré un article sur Keira au vue de la sortie prochaine de Colette. intitulé « Les Français l’adorent ». Le journal à sensations a traduit de nombreux passages d’interviews et fait l’éloge de l’actrice mais a également considérablement noirci le tableau de sa notoriété en Angleterre (notamment dans tout le premier paragraphe qui est très extrême). Néanmoins, ça fait toujours plaisir de voir Keira dans la presse française et je vous encourage à aller le lire en suivant ce lien. Merci à la source qui me l’a signalé.

A très bientôt !